le-soleil-et-la-lune

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Biographie

Biographie.

 

Je ne sais pas ce qui m’a rendue sensible à mon environnement, sans doute le cadre verdoyant du pays d’où je suis, mais peut-être n’est-ce pas non plus sans relation avec le sentiment de solitude qui m’a longtemps habitée et qui, certainement, ne fut lui-même pas étranger à mon goût pour l’histoire, où je trouvais âmes humaines, parentes, personnages à me représenter… A habiter.

 

Paysages de la Mayenne

                       

 

 

Mon bonheur est dans l’eau, la verdure, les vieilles pierres hantées par l’histoire. Sans doute à cause du pays d’où je viens.

Texte écrit devant l’étang de Sijean, été 2010 :

 « L’heure de l’enfance sonne au clocher. Les heures ne sonnent plus en ville, ou bien je ne les entends pas. L’heure des étés vacants résonne dans le caquètement victorieux d’une poule, dont une petite fille ira peut-être, tout-à-l’heure, récupérer l’œuf tout chaud. Les cigales infatigables qui triment inlassablement ramènent aussi à ma mémoire les heures plus heureuses d’une tranche d’été dépaysé.

La peau rafraîchie par la brise, le cœur apaisé par la douceur des mouvements de l’eau, j’imagine ces travailleurs de la mer, toujours courbés, toujours pliés, sous le soleil, sous leurs fardeaux, ramenant lentement l’or blanc sous leurs râteaux, entassant, tassant, égalisant, éblouis sous l’éclat du sel, les yeux brûlés, la peau rougie. Pays de francs sauniers tirant de la mer de quoi faire tirer la langue aux pays de gabelle ; saler le lard, saler le lard pour survivre, et sucrer en passant ceux qui vous le comptent, ceux qui vous le pèsent, ceux qui vous le vendent chichement. Je viens d’un pays de gabelle ; je viens du pays où, derrière l’image héroïque du chef rebelle à la République, Jean Chouan cachait son activité de faux saunier. Je viens du pays où l’on n’avait rien d’autre à manger que le lard qu’on salait ; le lard ; pas le jambon, pas même l’échine. »

La permanence des paysages, la respectable longévité des bâtiments et des villes laissées hors des sentiers du « progrès industriel » m’ont toujours aidée dans ce vagabondage. J’ai beaucoup rêvé en me promenant dans les vieilles pierres, adoptant des ancêtres qui n’étaient pas les miens, mais ne pouvaient pas dire : « Non, sans façons ! ».

 

Paysage des Gorges du Tarn :