le-soleil-et-la-lune

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L'enlèvement

 

Le poil, l’iris, tout était noir et sombre chez Bruno, même la voix d’outre-tombe, même les poumons car, pour lui, parler avec les autres était si difficile que, dans cet affrontement, seules les cigarettes, qu’il allumait les unes aux autres sans discontinuer, lui étaient de quelque secours.

De relations, il n’en avait guère qu’au travail où ses connaissances, sa façon de ne jamais négliger aucun approfondissement, bref, sa compétence, l’avaient fait respecter, ce qui ne le rassurait pourtant pas suffisamment pour qu’il prenne la parole quand on ne l’y invitait pas. Comme n’avait jamais eu ni compagne ni enfants et n’avait guère eu l’occasion de consacrer son temps aux conversations, aux sorties, aux plaisirs légers, il passait ses loisirs à se cultiver, et ce qu’il apprenait restait gravé dans une mémoire qu’il avait excellente. Pendant les vacances, équipé des meilleures chaussures car son salaire d’ingénieur hors classe lui permettait d’acheter du matériel de qualité, il faisait des randonnées en Corse, dans le Massif Central, ou dans les Pyrénées. Seul, car il n’avait pas d’autre ami qu’un beau-frère qui, lui, en avait beaucoup et passait l’été en joyeuse compagnie.

Il arriva ainsi à quelques années d’une retraite qu’il voulait, par principe, prendre à l’âge légal, mais que pourtant il appréhendait car il n’existerait plus pour personne. S’il avait pu compter pour d’autres que le public qu’il servait, s’il avait pu être attendu, interpelé par son prénom, consulté même, s’il avait pu avoir une place ailleurs qu’au bureau… Il en avait souvent vaguement rêvé. La politique, par exemple, l’avait toujours beaucoup intéressé, mais affronter l’assurance de militants pleins de foi et prendre la parole face des assemblées de fidèles était au-dessus de ses forces, et comme il avait en outre l’esprit bien trop critique pour obéir à un dogme et se soumettre à quelque catéchisme que ce soit, il n’avait jamais rejoint le comité, la cellule, le groupe de réflexion, le parti où ses qualités auraient peut-être fait merveille.

Le temps passant, et l’âge de la retraite approchant, il se mit à chercher à qui il pourrait être utile et, comme il croisait chaque jour des groupes de jeunes oisifs au pied des logements sociaux de son quartier, il conclut rapidement qu’il pourrait essayer d’aider ces gamins à s’insérer en montant des projets viables. Si sa voie à lui avait été toute tracée par d’excellents résultats scolaires, il avait néanmoins de la compassion pour ces bons à rien que l’école n’avait pas motivés et qu’il trouvait sincèrement bien plus compétents que lui en matière de tchatche et de relations sociales. Un concours, passé dans la foulée et haut la main, lui avait ouvert des postes de responsabilité sans qu’il ait jamais eu à attenter à sa modestie intrinsèque en faisant valoir ses qualités pour l’emporter sur des concurrents. En faisant l’article, disait-il. Il se mit donc à potasser la distribution des rôles en matière d’insertion et d’aide aux jeunes, fit le point sur les aides possibles et trouva, sur un site d’évaluation des politiques publiques, un palmarès des projets les plus durables. Le nom des associations d’insertion y figuraient, et finalement beaucoup étaient  implantées dans des quartiers aisément accessibles à partir de chez lui.  Il releva les adresses et s’aventura, lors de promenades en banlieue, jusqu’aux maisons de quartiers et aux centres sociaux qui les accueillaient. Il poussa des portes, fut parfois éconduit, mais réussit à obtenir les horaires des permanences où il pourrait rencontrer les responsables.

Il obtint même un rendez-vous un jeudi en fin d’après-midi à trois stations de métro de chez lui. Comme il avait toujours eu horreur de faire attendre les autres, d’abuser de leur temps et de se faire remarquer, il arrivait toujours dix minutes avant l’heure.

L’association était hébergée dans une maison de quartier située à l’angle d’un îlot de logements sociaux que Bruno avait découvert quarante ans auparavant, lorsqu’il était arrivé à Paris. Les barres des années soixante, rigoureusement parallèles les unes aux autres, étaient maintenant enserrées dans d’autres constructions de toutes hauteurs et de toutes couleurs qui délimitaient des cours intérieures transformées en jardins. Astucieux, se dit Bruno.

Dès qu’il eut décliné le nom de son interlocuteur, on ouvrit à Bruno, mais on le fit attendre sur un canapé trop mou.

-        Il ne devrait pas tarder, lui dit la jeune femme de

l’accueil, dont il remarqua les yeux magnifiques et le grain de peau d’une extrême finesse. C’était une jolie Noire élancée qu’il aurait mieux imaginée pieds nus et tête haute, déambulant majestueusement sur une piste africaine qu’enfermée derrière un bureau dans une banlieue anonyme.

Le temps passait. Bruno avait de plus en plus soif et tripotait ses mains moites. De temps en temps, il interrogeait la jeune femme d’un regard inquiet.

-        Toujours pas de nouvelles... répondait-elle en

balançant la tête de droite à gauche.

Des gens entraient, s’embrassaient, s’étonnaient de retrouver l’un ou l’autre, s’en réjouissaient, échangeaient quelques mots avant d’entrer dans une grande salle contiguë où un petit homme rondouillard déhoussait un accordéon. Autour de lui, écartant des tables, dégageant l’espace, quelqu’un s’affairait. Il allait y avoir un petit spectacle peut-être, pensa Bruno, mais il se ravisa : on avait empilé les chaises.

L’accordéoniste lança une première ritournelle. C’était une rengaine qu’enfant, Bruno avait entendue, en Bretagne, serinée par un biniou. Une femme entra précipitamment et ferma derrière elle la porte de la salle. Bruno ne voyait plus que les têtes qui dépassaient au-dessus de la paroi vitrée, se retournaient et se déplaçaient vivement. Un théâtre de marionnettes, sourit-il. Comme autrefois sur la place d’Auray quand il se glissait au premier rang pour mieux voir le spectacle, il se leva pour s’approcher de la vitre et observer, de l’autre côté, ces gens qui s’accrochaient les uns aux autres bras-dessus-bras-dessous, formaient un cercle et avançaient de deux pas, puis revenaient en arrière d’un pas, sans discontinuer,  de sorte que leur ronde tournait fort lentement. Ça ressemble à un branle, se dit Bruno… Ça lui rappelait aussi une chansonnette… Trois pas en avant, trois pas en arrière, trois pas sur le côté… ou quelque chose comme ça, qu’il avait entendue autrefois dans des manifs de femmes. L’accordéon se tut sur une note appuyée, et le musicien annonça une gavotte.

Les danseurs, qui avaient dénoué leurs bras, s’accrochèrent à nouveau les uns aux autres par le petit doigt pendant que l’accordéon reprenait indéfiniment les mêmes notes d’un unique motif. Une litanie, digne d’un supplice chinois. Les mots de son père étaient revenus à l’esprit de Bruno et ça le fit sourire. C’était à vrai dire un peu assommant, mais les danseurs avaient l’air d’y aller à cœur joie et piétinaient incessamment ; l’un d’eux imprimait aux bras de ses partenaires des coups de balanciers à leur décrocher l’épaule.

Bruno s’entendit interpeler.

-        Monsieur Benhallal vient de m’appeler,

monsieur, lui lançait la jeune Noire de l’accueil, il est dans les embouteillages. Il demande si vous pouvez patienter ?

Bruno pouvait, oui, personne ne l’attendait chez lui. Il allait écouter l’accordéon et regarder ; ça ferait passer le temps.

De l’autre côté de la paroi, on avait fini par arrêter de sauter, on avait rompu le cercle, les joues étaient roses et la respiration courte. L’animateur avait mis les mains à la taille, et ses bras formaient ainsi comme deux parenthèses. Il proposait une nouvelle figure dont Bruno n’entendit pas bien le nom, si ce n’est que ça finissait par menu. Des petits pas, certainement. Il eut un sentiment de familiarité, et presque aussitôt l’image lui revint  d’un tableau de Bruegel dont il avait chez lui une reproduction : c’était La danse de noces avec, au premier plan, un homme qui, mains à la taille et buste en arrière, portait le ventre en avant dans une posture qu’il voulait peut-être avantageuse mais n’était qu’obscène car, sous l’effet d’une érection manifeste, ses aiguillettes semblaient prêtes à se délacer. L’attention de Bruno se mit à flotter ; sortis du fond de sa mémoire, trois jeunes hommes revêtus de tuniques de satin au col brodé, mains à la taille eux aussi, mais campés dans leurs bottes et dégageant la tête des épaules, entamaient une démonstration époustouflante de vivacité, de force et de souplesse ; derrière eux la troupe des danseurs qui, rangés en une ligne impeccable, présentaient fièrement leurs poitrines à tout ce qu’on voulait : les balles, les médailles, l’admiration… Un spectacle de danses russes, qu’il avait offert à ses parents un jour de Noël...

-        Allez, les filles, coulez vos bras sous les miens !

L’intonation enjouée de l’animateur, de l’autre côté de la paroi, ramena Bruno à la réalité. Couler, il avait dit couler ? Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas entendu utiliser ce terme, c’était joli pourtant, dommage. L’homme, pendant ce temps, avait fait deux pas en diagonale vers la gauche, était revenu d’autant en arrière et répétait le mouvement ; recommençant pour la troisième fois, il s’arrêta presque sur le premier temps. Pesant sur le sol de tout son poids il balaya son auditoire d’un regard insistant et dit quelque chose que Bruno n’entendit pas vraiment mais devina, quelque chose comme toute la particularité de la danse. Puis continuant à avancer et à reculer, il aperçut Bruno qui, derrière la vitre, l’observait.

-        A vous maintenant, enchaînez, dit-il et, à grand

renfort de gestes d’encouragement, et il traversa la salle droit sur Bruno.

-        Venez, venez, dit-il en lui tendant la main, on a

bien besoin de vous pour terminer l’ouvrage !

Bruno se récria, non, non, il n’était pas venu pour ça, il attendait monsieur Benhallal qui n’allait pas tarder ; et il recula d’un pas.

-        C’est-à-dire…, intervint la jeune femme de

l’accueil, Monsieur Benhallal était encore à Neuilly quand il a appelé tout à l’heure.

-        Ah ben, vous voyez, vous avez le temps ! Allez,

venez !

Et l’animateur prit la main de Bruno qui protesta et tenta bien de se dégager, mais l’autre le tenait fermement, pressant ses doigts à pleine paume. Il l’entraîna dans le cercle où deux femmes s’empressèrent de glisser leurs bras sous les siens. En tenailles, il était pris en tenailles. Elles se mirent à bouger, à sauter surtout. A l’élan que ses partenaires imprimaient, Bruno opposait son inertie ; il pesait des tonnes ; elles  le bousculaient, le malmenaient, le désarticulaient même un peu. Pour éviter les secousses désagréables, sans le vouloir il sautilla brusquement en même temps que ses ravisseuses.

-        En cadence, voilà !, opina l’une d’elles en lui

souriant.

-        Le premier pas plus marqué, allez-y, plantez-

Vous dans le sol, tapez, n’ayez pas peur !, disait l’animateur, d’ailleurs voulez-vous savoir ce que cette danse représente ? Puis il reprenait : Les autres petits pas vous servent à reprendre de l’élan, en quelque sorte.

-        Les moissons ? Le battage ?, proposa l’une des

Deux femmes qui encadraient Bruno.

-        Voilà. Le pilé-menu c’est ça, vous pilez les

grains, ou la terre, et vous êtes le pilon ; vous donnez un grand coup de toute la surface de la semelle… De tout votre poids, hein ? … Le battage, oui, mais aussi le tassage de la terre battue dans les maisons.

-        Qu’on n’appelle pas terre battue pour rien,

commenta l’autre femme qui soulevait presque Bruno, car elle était grande et le soutenait sous les aisselles.

-        Quand c’étaient des sabots, c’était plus efficace,

ajouta Bruno, pris par le jeu mais un peu essoufflé déjà.

Comme l’animateur et le musicien tournaient ensemble la tête vers la porte, lui aussi se retourna. La jeune femme de l’accueil s’y encadrait.

-        C’est monsieur Benhallal qui demande s’il est

possible de fixer une autre date pour le rendez-vous de monsieur, parce qu’il est complètement coincé sur le périphérique.

Les femmes desserrèrent leur étreinte et le poussèrent vers l’accueil.

-        Allez-y et revenez, hein, on vous attend !

Remerciant, saluant et remerciant encore, Bruno s’écarta du groupe et suivit la jeune Noire, une Peulh peut-être, se dit-il.

Rangeant son agenda dans sa poche intérieure, il comptait bien filer sans demander son reste quand les deux femmes qui l’avaient pris sous leurs ailes se précipitèrent vers lui pour l’entraîner à nouveau dans la danse.

-        On ne vous lâche plus !, dirent-elle en le serrant

comme des presse-livres.

Galérien contraint de suivre la cadence donnée par le tambour du garde chiourme, ce soir-là, Bruno dût suivre l’impact des pieds frappant ensemble le sol avec détermination ; n’ayant pas d’autre choix que d’imiter les autres, il cessa de réfléchir à ce qu’il fallait faire et se mit lui aussi à taper du pied, puis se laissa enlever par quelques suites de notes obsédantes.  Contre le corps tout chaud de ses deux marraines, il se sentit comme dans un nid douillet et rit plusieurs fois.

On le couvrit de baisers quand on se sépara, quelle aventure, se dit-il en repartant.

 

Monsieur Benhallal le reçut quelques semaines après, dans la journée. La salle où il avait dansé était vide, remarqua-t-il.

Il était le bienvenu, lui dit le responsable de la maison de quartier qui avait lui aussi le projet de valoriser, chez les jeunes qui traînaient dans les rues, les compétences qu’on n’avait jusque-là jamais évaluées chez eux.

-        Ici, on travaille avec les éducateurs, les foyers, et

même l’Education nationale, ajouta monsieur Benhallal comme s’il s’agissait d’un exploit, de sorte que j’ai déjà un vivier de gamins à vous adresser…

Il sentait, disait-il, -il voyait bien à qui il avait affaire-, qu’ils feraient du bon boulot, et proposa à Bruno de tenir une permanence une fois par semaine, de quatre à six, avec deux autres bénévoles. Bruno temporisa, il n’était pas encore en retraite, il pouvait peut-être commencer le samedi ? Toutes les salles étaient prises le samedi, et il fallut attendre six mois pour que Bruno soit libre aux horaires qui convenaient à la maison de quartier.

 

Ce fut lors de sa seconde permanence que Bruno, après avoir plié bagages, croisa à nouveau l’accordéoniste, l’animateur et le petit groupe qui entrait pour le cours de danses bretonnes. On l’encouragea, on essaya la persuasion, -on manquait cruellement d’hommes-, on le tira, on le poussa et il ne put résister à l’argument du nombre.

La petite bande était joyeuse et sans façons ; à la pause, on le félicita pour son bénévolat, il faisait là œuvre utile, et les femmes le reprirent sous leurs ailes. Puisqu’il était déjà sur place le jeudi, au lieu de filer à l’anglaise, il enchaînerait avec les danses bretonnes, ça s’imposait, affirma l’animateur. Il n’y avait pas d’autre issue, concluaient aussi les autres en approuvant de la tête, la mine ravie  et les yeux écarquillés.

Il avait tant écouté de musique qu’il progressait vite. A vrai dire c’était simple, et puis il avait toujours été bon élève. L’été arriva. On parla des projets des uns et des autres ; l’animateur leur conseilla le Grand Bal de l’Europe, où ils pourraient s’initier à toutes les danses imaginables dans une ambiance qu’il qualifia de formidable. Les célibataires du groupe décidèrent de s’y retrouver et pressèrent Bruno de les y rejoindre, s’il n’avait rien d’autre prévu fin juillet.

Emu par cette proposition inouïe de ne pas, pour une fois, passer l’été seul, comme d’habitude, Bruno déglutit.

-        Pourquoi pas ?, arriva-t-il à articuler.

On envisagea des covoiturages, on échangea les adresses courriel, on fit le point du matériel des uns et des autres et de ce qu’on pouvait mettre en commun et, le troisième vendredi de juillet, Bruno passa prendre deux d’entre eux, leurs tentes et leurs gros sacs que, pour réussir à faire tenir dans le coffre de sa petite voiture dont le siège arrière était déjà encombré de tout son équipement à lui, il rangea avec soin.

       Cet été-là fut une fête comme Bruno ne se souvenait pas en avoir jamais connue. Sur les cinq du groupe de danses bretonnes, il y en avait toujours un ou deux pour l’emmener essayer quelque danse nouvelle et bien tentante. Avant d’arriver, il se rassurait en disant qu’il regarderait d’abord, mais il n’en eut pas le loisir : le rythme et l’enthousiasme des autres l’emportait toujours dans une bourrée, une cavalcade, une caracole, une ronde... Valses, gavottes, quadrilles, polkas, gaillarde, rigaudon, galop, jamais Bruno,  qui connaissait pourtant tous ces noms, n’aurait imaginé qu’il y eut autant de façons de se déplacer, de sauter, de s’entrecroiser, de se répondre, et surtout qu’on les pratiquât encore. On se frôlait, on se touchait, on se prenait parfois par la taille, on jouait, et il en était. Les cheveux des femmes frôlaient sa joue, caressaient son cou. Elles gardaient leur main dans la sienne, la lui tendaient, s’accrochaient à son épaule. Elles avaient tous les parfums, même celui, aigre et intime, de la sueur séchée dans un vêtement réutilisé. Il y en avait de légers comme ceux des fleurs naturelles, d’autres écœurants, il y en avait de sophistiqués, obsédants, envahissants, d’autres simplement de savon ou de shampoing.

Aussi, le jour du départ, la tête dans le coffre où il rangeait les bagages, Bruno éclata-t-il en sanglots : tout cela allait lui manquer. Les femmes l’avaient apprécié pour son érudition et sa pondération, mais ne l’avaient jamais désiré : elles préféraient souvent les hommes entreprenants et lui était bien trop timide. Au mieux quelque jolie calculatrice aurait-elle  pu manœuvrer pour épouser sa belle situation, mais qu’aurait-il retiré de ce genre d’alliance ? Il n’aimait ni les idiotes ni les femmes intéressées.

Lydie, qui regardait Bruno penché dans son coffre, trouva qu’il y restait bien longtemps plongé et remarqua les soubresauts qui agitaient son dos. C’était une petite femme à la taille fine et aux hanches généreuses, avec de magnifiques cheveux bruns et souples qu’elle teignait peut-être, mais qui restaient étonnamment moelleux quand, dans certaines danses, on posait le bras autour de son cou. Elle se leva, s’approcha de Bruno et passa sa main sur son épaule dans un geste de camaraderie franc et vigoureux. Il redoubla de sanglots. Alors elle l’obligea à se retourner et, sans le regarder, le serra contre elle et nicha sa tête contre son cou. Comme il ne savait que faire de ce corps chaud et mobile contre le sien, elle dût lui prendre les mains pour les refermer sur son dos à elle. Il huma l’odeur de ses cheveux. Elle sentait le lilas. L’accolade dura quelques secondes, Lydia se détacha doucement mais elle promit, lorsqu’il la déposa chez elle, de le rappeler.

 

 



19/04/2024
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